Da Brasilians

Da Brasilians

Biographie

Il y a quelques années, on évoquait un soi-disant retour du rock et, avec lui, l’émergence d’une scène parisienne truffée de groupes ayant appris la guitare en ouvrant un compte Myspace. Intégrée à ce chapitre de l’Histoire de la pop, la partie retraçant le parcours des Da Brasilians jouerait les hors-sujet. D’abord

parce que, s’il réside dans la capitale, le groupe s’est formé en Normandie. Ensuite, parce que
les Da Brasilians n’ont jamais concouru dans
la catégorie sprinters, préférant au contraire laisser mûrir la substance qui donne aujourd’hui matière à un premier album. Formé au début
du millénaire, le groupe réunit des anciens copains d’école : Vincent dit Frabou, Rémi, Jeff et Benoît

– formation à laquelle il faut aujourd’hui ajouter Gregory aux claviers, remplaçant David Tahiti Boy.

L’idée du collectif est d’autant plus tangible chez les Da Brasilians qu’elle est leur premier atout : absence de leader, parties de chant partagées
et une richesse dans les harmonies vocales héritée d’un amour pour les choeurs estampillés west coast de Crosby Stills Nash ou Buffalo Springfield.

Pas question pour autant de sombrer dans les pièges du passéisme : c’est, si l’on se plait à sortir le jeu des sept familles, avec les cousins contemporains
de Phoenix ou Tahiti 80 que le groupe pourrait dégainer sa carte. Un maxi lumineux, About You EP, laisse entrer le soleil en 2009, et fait patienter les fidèles, plus nombreux à chaque prestation

(Rock en Seine,tournée Inrocks Indie Club,
concerts en Ecosse), jusqu’à ce premier album. Réalisé en live par Samy Osta, ingénieur en son
du label parisien Third Side (Cocosuma, Fugu, Flairs) et aperçu au sein du duo folk Domingo, le disque, porté par un songwriting classique et classieux affiche en façade une spontanéité vintage, fruit d’une fidélité à la variété américaine des seventies. «Même s’il y
a un aspect un peu ridicule lié au terme, on aime bien dire qu’on a un côté roots. Pour l’album, on voulait sentir quelque chose de vivant, organique. Peut-être pas parfait, mais sincère et fidèle à notre façon
de jouer et ressentir la musique.»

Roots mais jamais rétro : ce premier disque,
assez ensoleillé pour réconcilier, devant un coucher de soleil de la plage de Santa Monica, Midlake
et les Happy Mondays, Fleet Foxes et Sébastien Tellier, affiche même quelques belles audaces
à la production (les conclusions de Revolution
et Please Stay, les arrangements groovy de Greetings From America). Flirtant aussi bien du côté de l’Amérique que des flamboyances pop anglaises (Janis, I’ll Be Blue), ce premier album plonge l’ivresse des commencements dans un flacon plus moderne, et s’impose à la fois comme le résumé rayonnant de la décennie passée et la prometteuse préface de l’histoire à venir.

Johanna Seban

Photos