4 Guys From The Future

4 Guys From The Future

Biographie

Under The New Morning Sun 

Quatre danois reviennent du futur avec la tête farcie d’idées lumineuses et les mains pleines de chansons pop pas tout à fait comme les autres. Sur leur brillant premier album, 4 Guys From The Future conjuguent au présent un demi-siècle d’inventions psychédéliques et prennent la relève de Pink Floyd et du Beta Band. Entre l’évidence de mélodies étincelantes et l’exigence d’arrangements sophistiqués, les danois font souffler un grand vent de liberté sur la pop moderne. 

Conjuguer l’excitation de la nouveauté et l’assurance de l’expérience, ce n’est pas la moindre des qualités des danois 4 Guys From The Future, qui ont chacun fait leurs armes au sein de différents groupes : 

Bjarke Porsmose (chant, guitare, claviers) et Rasmus Valldorf (batterie, chœurs) présidaient aux destinées de Lily Electric, petite fabrique de pop songs vitaminées un temps basée à Berlin, responsable d’un unique album en 2008 (You’re In The Painting You Saw).

Mads Brinch (basse, chœurs) et Rasmus Valldorf ont fricoté avec The Asteroids Galaxy Tour, charmant collectif psyché responsable d’une palanquée de EPs et d’un album en 2009 (Fruits)

Jarno Varsted (guitare, claviers, chœurs) est quant à lui une moitié de Straight From The Harp, qui déroule une pop électronique sombre et menaçante sur son premier album, Rain Rain Down Down (2010). L’autre moitié est sa femme et ils vivent à Berlin.

Les quatre danois se retrouvent donc autour de deux points majeurs : Berlin et une certaine  idée du psychédélisme. La rencontre a lieu en 2009 dans la bouillonnante capitale allemande. Bjarke Porsmose a dans sa besace un petit paquet de chansons sur lesquelles les musiciens vont se pencher avec bienveillance, transformant l’inspiration d’un homme en un travail collectif. Car si Bjarke est l’unique auteur compositeur du groupe, c’est une véritable collaboration qui s’engage autour d’un goût commun pour l’improvisation. C’est là que l’excitation et l’expérience se conjuguent le mieux, dans la recherche par tâtonnements de formes et de sons originaux. Le résultat est spectaculaire.

Under The New Morning Sun, au sommet de la nouvelle vague psychédélique

Après les vénérables anglais du Beta Band, les jeunes américains MGMT ou leurs compatriotes danois Oh No Ono, 4 Guys From The Future apporte une contribution décisive au renouveau de la pop psychédélique. Comme une boule à facettes hallucinogène, l’album des danois réfléchit la lumière dans toutes les directions, éclaire les paysages pop de reflets changeants. Guitare, basse, batterie, électronique et claviers y sont triturés tout au long d’un chemin sinueux, pavé de chansons à la fois éclectiques et cohérentes, bizarres et évidentes. Le morceau Under The New Morning Sun ouvre les hostilités sur un long crescendo menaçant, véritable rampe de lancement pour le single Don’t Help Me Up, un tube pop léger et sautillant marqué par des chœurs vaporeux et la voix légèrement acide de Bjarke Porsmose. Le groupe peut aussi vous tendre la main pour esquisser quelques pas de danse hésitants : I’ll Take You Away est une magnifique valse cuivrée et Life Is Up To You se balance sur un groove tordu et addictif. En zone de turbulences soniques, Cutting Your Fucking Heart Out est un instrumental aux dissonances métalliques et lancinantes qui évoquent le Primal Scream de Vanishing Point. While The Bombs Fell From The Bluest Sky est entêtante comme du Krautrock quand la guitare de la sublime Love Will Again Disappear semble boucler la boucle berlinoise en se souvenant du Heroes de David Bowie.

Précipité dans une faille spatio-temporelle, le dernier morceau de l’album donne le tournis, comme si le groupe avait engagé sa mélodie sur la Lost Highway de David Lynch et revenait sans cesse d’où il était parti, effaçant le temps écoulé mais pas les souvenirs emmagasinés. «Nous sommes tous à la recherche du temps perdu, caché somewhere behind», chante Bjarke Porsmose dans un mélange de français et d’anglais. Une métaphore parfaite pour un album moderne et intemporel.

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